Archive for décembre 19th, 2009

One world one dream

Bonsoir à tous !! Je n’ai pas trouvé le temps de poster des photos, je suis super désolée. Un petit article en attendant plus porté sur la société chinoise. Ayant un emploi du temps très chargé pour les prochaines semaines (parents à pékin !, voyages, examens), je ne garantie pas une très grande régularité.

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Samedi soir, 22h43, mes amis chinois quittent mon appartement arguant qu’il est très tard et qu’il leur faut aller dormir. Je suis déja contente qu’ils aient accepté de venir chez moi après le repas. 22h50 un message reçu de copains pour sortir. Cet exemple est flagrant pour illustrer l’énorme gouffre qui nous sépare des chinois, en tant que 老外(littéralement vieil étranger)  外国人(=étranger). Je vous donne quelques exemples tiré de la vie quotidienne.

Une ville, deux monde.

Si depuis mon arrivée j’étais très frustrée de ne pas avoir pu rencontrer de « vrais » chinois, je pense pouvoir dire, mi décembre que j’ai pu faire une première grande intrusion dans le monde des chinois.

Les repas

J’ai partagé un repas du Hubei avec 8 chinois. Langue parlée : chinois. Nous étions donc installés dans une salle privée, comme dans de nombreux restaurants, où on se présente avec un petit groupe ( à partir de 6-7 personnes en général). Attablés à une table ronde avec un plateau tournant au centre. En fait au restaurant en Chine on commande les plats en commun (viandes, légumes, poisson) et on partage tout. On fait le choix plus ou moins ensemble et chacun mange au gré de sa rapidité à faire tourner le plateau. Bon sur ce point, partager une table avec des chinois et des occidentaux revient au même. Sauf sauf … dans le choix des plats. Ce soir par exemple j’ai eu le droit aux fameuses pattes de canard frits (en fait y a tellement rien à manger que ca revient à sucer de la peaux un peu croustillante avec un os), aux oeufs de « petits oiseaux » et bien entendu pourris. Tous les plats présents sont très épicés, ça tombe bien je commence à m’y habituer.  On nous apporte un poisson entier à décortiquer aux baguettes. Jusque là pas de soucis sauf quand je vois mes voisins s’emparer de la tête et à sucer tout ce qui n’est pas arrête et faire croustiller la colonne vertébrale du pauvre poisson sous les dents. Poisson qu’on voit en train de crever à l’entrée du restaurant. Soupe avec des choses étranges à l’intérieur. Plat de poulet, « mais il est où le poulet ?? » Pas de blanc, juste des morceaux informe, des ossements, une tête qui sort de temps en temps. (en Chine, quand on dit poulet on entends TOUT du poulet), plat de boeuf avec juste du gras et des os.

Autrement, les Fuwuyuan (serveurs) tous dotés d’un ridicule bonnet de noël, période oblige. C’est drôle car c’est le genre de restaurant très chinois, le genre de restaurant que personne n’oserait ouvrir en occident. Je pense que même à Strasbourg on oserait pas imposer ça.

Bref, tout ça pour dire qu’on est vraiment très loin de la nourriture de la cantine de l’université avec ces bons plats « consensuels » ou même des restaurant qu’on peut trouver dans le quartier à Wudaokou. Oui mais c’est CA la vraie Chine.

C’est drôle mais c’est vraiment la première fois depuis que je suis en Chine ou je mange de la VRAIE nourriture chinoise, autrement dit, de la nourriture qu’on mange vraiment pour faire plaisir à ses hôtes en se disant qu’après tout s’ils la mangent c’est qu’elle ne peut pas être mauvaise. Il y a vraiment nourriture et nourriture, soit. Oui on a l’impression de manger chinois quand on mange à la cantine, oui on pense être lassé de la nourriture chinoise ( riz et pâte à chaque repas) donc on se rabat sur de la nourriture occidentale (en général américaine -bouh- ou italienne). Oui mais non, ca c’est la vie à Wudaokou. Ce soir par exemple je n’ai mangé ni rien ni pâtes et j’ai mangé archi chinois. 2 mondes !

Le logement

Les logements à Pékin coutent cher. C’est pourquoi les étudiants vivent TOUS sur le campus. Pratique non ? Pour vous remettre dans le contexte, j’habite dans le quartier « Haidian » de Pékin, situé au nord ouest sur le 4e périphérique (cad loin de Pékin centre), également appelé quartier étudiant. Je suis plus particulièrement situé près de la station de métro Wudaokou, près des universités Tsinghua et Beida qui, avec la BLCU sont en gros les 3 grosses universités qui accueillent beaucoup d’étrangers. Bref, tout ça pour dire que tout est fait pour faciliter un certain regroupement. Il faut dire que dans une ville comme Pékin, la notion de campus (inconnue en France) prend tout son sens : une sorte de petite ville dans la ville. Oui quand je parle de petite ville, je tiens à préciser que Tsinghua = 33 000 étudiants ! pour vous donner une idée de l’échelle. Sur le campus on trouve bien entendu absolument tout, si bien que, ben, pourquoi sortir du campus ?? C’est vraiment même à l’échelle de Wudakou la reflexion qu’on a toujours. A quoi bon quitter le quartier pour sortir ailleurs sachant qu’on a TOUT sur place.

Bref. Les étudiants vivent donc quasiment tous entassés à 6-8 dans des dortoirs. Il convient de rappeler qu’ils ne peuvent PAS choisir leur 同屋 (littéralement : ensemble dans la même pièce, roomate – le mot n’existe même pas en francais). Comment font-ils ? ben c’est pas compliqué ils suivent la masse. Tout est fait pour uniformiser le mode de vie des chinois à travers un certain rythme de vie imposé. Les étudiants disposent donc d’un lit superposé, un petit bureau et une petite étagère. Ils mangent à la cantine. Prennent les douches en COMMUN, parfois dans un autre batiment. La masse est un tout, l’individu n’est rien. C’est d’ailleurs parfois étonnant d’être sur un campus à des heures clefs comme 12h, 14h ou 16h et de voir ce flot de personnes aller du dortoir aux batiments de cours.

Deux mondes qui coexistent quand je vois mon appartement très modeste par rapport à certains de mes amis étrangers. Ou plutôt quand je vois mon appartement des yeux de mes amis chinois qui vivent donc à 8 entassés dans une quinzaine de mètres carrés. Les dortoirs des étrangers ne sont prévus que pour 2 personnes mais déjà pour eux c’est dur  de cohabiter avec des étrangers dans une dizaine de mètres carrés !!

Les logements coutent apparement TRES cher, et les très fortes disparités qu’il y a en Chine entre les très riches et les très pauvres anéantissent complétement le marché de l’immobilier. Seuls les très riches peuvent être propriétaires et les plus fragiles sont souvent obligés de s’entasser dans des apparts, des chambres dans des apparts, des chambres en sous-sols (pas de fenêtre !!)

Les transports

Une horreur ! J’ai eu pas mal l’occasion de bouger hors Wudaoukou ces derniers temps, dont certaines fois aux fameuses heures de pointe. C’est une horreur. Des embouteillages sans fin. Un métro bondé. Des distances toujours aussi gigantesques. Et dire que seul un très faible pourcentage de chinois possèdent une voiture privé. C’est un véritable problème sans solution. Même à 14h, pour se déplacer d’un point A à un point B pour faire de simples courses, qu’on choisisse le métro ou le taxi qu’on pense plus rapide, on peut facilemnt en avoir pour 3/4 heure (x2 pour l’aller retour à condition qu’on ne fasse pas le retour à l’heure de pointe cad 17-19h30). Il faut dire que Pékin est une ville tellement grande que rien ne se fait à pied. Pour vous donner une image : mon trajet université – maison qui est considéré comme un trajet quotidien et donc « normal » se fait tout de même en 20 minutes à pied, temps qu’il faut à peu près pour traverser strasbourg !! ou faire un trajet 7e-1e à Lyon ! C’est incroyable parce qu’en France à part pour rentrer de soirées on ne fait jamais ces distances à pied. Ici ben c du trajet quotidien. Un arrêt de bus fait environ 15 minutes à pied, un de métro 30 minutes.

Le quotidien de nombreux chinois qui témoigne aussi d’un rapport au temps très différent du nôtre.

Salaire

J’ai réussi à avoir une petite discussion avec un barman. Il travaille en général une dizaine d’heures par jours, 7 jours sur 7 pour … 5 euros / jour (soit du 50 cts de l’heure !!). Mais, me dit il, il est très content parce qu’il peut voir plein de monde, améliorer son anglais. Et le pire c’est que par rapport à toutes ces personnes qui occupent des postes improbables comme tamponner les tickets de caisse, faire le panneau de signalisation, réciter un texte de bienvenue à chaque nouveaux entrants dans un restaurant, c’est vrai qu’il a de la chance. Quand je dis en général 10 heures c’est parce que les bars en Chine ferment lorsque les dernières personnes quittent le bar. Pas de chance ce bar ouvre à 9h le matin et des fois ne ferme pas avant les 6h30. Les fuwuyuan dorment donc là ou il peuvent dans le bar quelques heures et c’est reparti. « Non mais quand on fait une nuit, le lendemain on ne travaille que jusqu’à 18h ».

Il convient de rappeler qu’en tant que professeur de français, je touchais l’équivalent de 10 euros de l’heure et plus généralement tous les petits boulots pour les étrangers sont payés à ce tarif minimum …

*one world one dream : slogan des JO de Beijing 2008